Comment gérer sa colère au travail sans la subir ?

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« Au travail, on me demande toujours de faire des choses dans des délais impossibles. Je sais que je vais me couper en quatre pour y arriver, alors que je trouve ça injuste. Je ressens de la colère, elle prend toute la place et je n'arrive pas à passer à autre chose. Résultat : je suis moins agréable avec mes collègues et ma famille. Comment faire pour me débarrasser de cette colère ? »

La réponse en quelques mots

Pour mieux gérer votre colère au travail, commencez par reconnaître ce que vous ressentez plutôt que de chercher à faire disparaître cette émotion. La colère peut vous informer qu'une situation ne vous convient pas ou qu'une limite a été dépassée. En Gestalt, je vous propose quatre étapes : identifier les faits, reconnaître votre ressenti, nommer votre émotion et comprendre votre besoin.

1. Pourquoi votre colère vous envahit-elle et vous empêche-t-elle de passer à autre chose ?

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Il y a quelque chose que j'entends régulièrement chez les personnes que j'accompagne :

« Mathias, je voudrais juste arrêter d'être en colère. »

Et je comprends.

Quand la colère prend toute la place, ce n'est vraiment pas agréable.

Vous êtes au travail. Votre responsable vous demande de terminer un dossier pour le lendemain alors que vous avez déjà une journée bien chargée.

Vous savez que ce délai est difficilement tenable.

Mais vous acceptez quand même.

Parce qu'il faut que le travail soit fait. Parce que vous n'avez pas envie de créer un conflit. Parce que, finalement, vous avez l'habitude de vous adapter.

Sauf qu'à l'intérieur, ça bouillonne.

Vous ressentez de l'injustice. Vous avez l'impression que vos contraintes ne comptent pas.

Et la colère monte.

Le plus difficile, parfois, ce n'est même pas ce qui vient de se passer. C'est que plusieurs heures après, vous êtes encore dedans.

Vous rentrez chez vous, votre conjoint vous pose une question toute simple et vous répondez sèchement.

Vous n'avez rien contre lui.

Mais vous êtes encore en colère.

Comme si cette émotion avait pris toute la place et ne voulait plus vous laisser tranquille.

Souvent, notre premier réflexe est de vouloir la faire disparaître.

« Il faut que je me calme. »

« Je ne devrais pas réagir comme ça. »

« Pourquoi je n'arrive pas à passer à autre chose ? »

Mais en essayant de lutter contre cette colère, vous risquez d'ajouter une tension supplémentaire à ce que vous vivez déjà.

J'aime bien utiliser une image pour expliquer cela.

Imaginez que vous essayiez de remonter une rivière à contre-courant.

Vous nagez, vous forcez, vous luttez.

Et plus vous luttez, plus vous vous épuisez.

C'est un peu ce qui peut se passer lorsque vous voulez absolument faire disparaître une émotion désagréable.

Vous êtes en mode survie.

Alors, plutôt que de continuer à nager contre le courant, et si nous commencions par regarder ce qui se passe réellement pour vous ?

2. Quels sont les 3 signes que votre colère exprime un besoin qui n'est pas entendu ?

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Avant d'aller plus loin, j'aimerais vous partager un principe important dans ma manière de travailler en Gestalt.

Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise émotion.

Nous avons pourtant vite tendance à les classer. La joie, c'est bien. La colère, c'est mal.

La tristesse, on préférerait s'en passer.

Pour ma part, j'aime parler de sensations d'ouverture ou de fermeture, et d'émotions plus ou moins agréables à vivre.

Certaines personnes utilisent aussi l'image des fréquences hautes et basses pour parler de ces ressentis. Je l'emploie comme une métaphore, et non comme une mesure scientifique des émotions.

Prenons la joie.

Elle peut s'accompagner d'une sensation d'ouverture, de légèreté, d'élan.

La colère, elle, peut donner une sensation de fermeture. La mâchoire se serre, les épaules se crispent, le ventre se contracte.

C'est désagréable.

Mais cela ne veut pas dire que cette émotion est mauvaise.

La colère peut être très utile, justement parce qu'elle nous donne une information.

Et voici trois signes que vous pouvez explorer.

Premier signe : vous ressentez une injustice

Vous avez prévenu votre responsable que vous aviez besoin de recevoir les dossiers plus tôt.

Pourtant, ils arrivent encore en retard.

Vous vous retrouvez à devoir travailler dans l'urgence pour compenser une situation que vous aviez anticipée.

Vous êtes en colère.

Et derrière cette colère, il y a peut-être ce sentiment :

« Ce qui se passe n'est pas juste pour moi. »

Deuxième signe : vous avez l'impression de ne pas être respecté

Vous avez exprimé vos contraintes.

Plusieurs fois.

Mais vous avez le sentiment que personne ne les entend.

Ce qui vous met en colère n'est peut-être pas uniquement le retard du dossier.

C'est aussi l'impression que votre parole ne compte pas.

Que vos besoins passent toujours après ceux des autres.

Troisième signe : vous avez dépassé vos propres limites

Vous connaissez peut-être cette situation.

Vous savez que vous n'avez pas le temps.

Vous savez que vous êtes fatigué.

Mais vous dites oui.

Encore.

Parce que vous voulez que tout se passe bien autour de vous.

Et finalement, vous vous retrouvez à faire passer les besoins des autres avant les vôtres.

Votre colère peut alors devenir un signal : quelque chose ne me convient plus dans cette situation.

Déjà, pour vous, c'est comment de lire ça ?

Et si votre colère n'était pas uniquement un problème, mais aussi une manière de vous rappeler que vos limites ont de l'importance ?

3. Comment réguler votre colère au travail concrètement, en 4 étapes ?

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Je pense à une personne que j'ai accompagnée, dont je reprends ici la situation en préservant sa confidentialité.

Elle m'expliquait :

« On me ramène toujours les dossiers avec une semaine de retard, alors que j'avais prévenu que j'avais besoin de plus de temps. Je suis vraiment en colère ! »

Dans un premier temps, nous avons simplement pris le temps de regarder ce qu'elle vivait.

Et nous avons reconnu ensemble que sa colère avait du sens.

Elle avait prévenu plusieurs fois.

Ses contraintes n'étaient pas prises en compte.

Elle ressentait un sentiment d'injustice et de non-respect dans son environnement professionnel.

Sa colère était compréhensible.

Ce qui lui posait problème, en revanche, c'était qu'elle restait dans cette colère pendant plusieurs heures et que cela venait colorer une partie de sa vie professionnelle et personnelle.

Ensemble, nous avons commencé à changer notre regard sur cette émotion.

Nous sommes passés de :

« Cette colère est mauvaise, je veux m'en débarrasser. »

À :

« J'ai le droit de ressentir de la colère ici. Elle m'indique que quelque chose ne me convient pas. »

Et ça, c'est déjà un changement important.

Parce qu'à cet instant, vous commencez à reprendre les manettes de votre vécu.

Vous ne cherchez plus uniquement à faire disparaître votre émotion.

Vous commencez à lui faire de la place, à la comprendre et à retrouver une possibilité de choix.

Étape 1 : nommer les faits

Revenez à ce qui s'est concrètement passé.

Par exemple :

« J'avais demandé à recevoir le dossier lundi et je le reçois jeudi. »

Essayez de distinguer les faits de vos interprétations.

Étape 2 : nommer votre sentiment

Qu'est-ce que cette situation vous fait vivre ?

« Je ressens un sentiment d'injustice. »

« J'ai l'impression de ne pas être respecté. »

« Je me sens mis de côté. »

Prenez le temps de reconnaître ce qui est touché chez vous.

Étape 3 : nommer votre émotion

« Là, je ressens de la colère. »

Tout simplement.

Sans vous juger.

Sans ajouter immédiatement : « Je ne devrais pas ressentir ça. »

Vous pouvez même écrire cette phrase si cela vous aide.

Étape 4 : identifier votre besoin

Demandez-vous :

« De quoi aurais-je besoin dans cette situation ? »

Par exemple :

« J'aurais besoin que les délais soient respectés. »

« J'aurais besoin de clarifier cette situation avec mon responsable. »

« J'aurais besoin que mes contraintes soient entendues. »

Ces quatre étapes ne font pas disparaître automatiquement votre colère.

Mais elles peuvent vous aider à sortir du tunnel dans lequel vous vous trouvez.

Vous faites de la place à votre expérience.

Et vous pouvez progressivement passer de :

« Je subis ma colère. »

À :

« Je comprends ce que je vis et je peux choisir ce que j'en fais. »

4. Combien de temps faut-il pour mieux réguler ses émotions grâce à la Gestalt ?

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« Mathias, c'est bien tout ça, mais concrètement, combien de temps faut-il pour que ça change ? »

C'est une question légitime.

Souvent, les personnes que j'accompagne souhaitent une solution rapide pour ne plus vivre l'inconfort de la colère.

Malheureusement, je ne suis pas magicien.

Et je ne peux pas vous promettre qu'après une ou deux séances, vous ne ressentirez plus jamais de colère.

D'ailleurs, ce n'est pas l'objectif.

En Gestalt, je vous propose plutôt d'explorer ce qui se passe pour vous, dans votre corps, dans vos émotions et dans votre relation aux autres.

Nous prenons le temps de comprendre les situations dans lesquelles vous vous sentez dépassé.

Peut-être que vous avez tendance à toujours dire oui.

Peut-être que vous avez peur de décevoir.

Ou peut-être que vous avez appris, depuis longtemps, à mettre vos besoins de côté pour préserver les relations.

Tout cela mérite d'être exploré à votre rythme.

Ce que vous pouvez attendre d'un accompagnement

Au fil des séances, vous pouvez progressivement apprendre à :

Il ne s'agit pas de tout dire à tout le monde.

Vous n'allez pas forcément dire à votre responsable :

« Quand vous me donnez ce dossier en retard, je ressens de la colère et j'aimerais que vous changiez de comportement. »

Enfin… vous pouvez toujours essayer, mais ce n'est pas nécessairement la manière la plus adaptée de communiquer au travail !

En revanche, vous pouvez faire ce travail intérieurement, puis formuler une demande plus concrète :

« Pour respecter ce délai, j'aurais besoin de recevoir les éléments plus tôt. Sinon, nous devrons revoir la date de livraison. »

Dans votre vie personnelle, vous pourrez parfois exprimer plus directement votre ressenti.

L'idée n'est pas de réagir de la même façon partout, mais d'apprendre à ajuster votre réponse sans vous oublier.

FAQ : vos questions sur la colère et la régulation émotionnelle

1. Combien de séances de Gestalt faut-il pour mieux gérer sa colère ?

Il n'existe pas de nombre de séances universel. Certaines personnes commencent à mieux identifier leurs émotions après quelques rencontres, tandis que d'autres souhaitent explorer plus profondément leurs habitudes relationnelles et leur histoire. Le rythme de l'accompagnement se construit ensemble, selon vos besoins.

2. Quelle différence entre la Gestalt et les techniques de gestion de la colère ?

Certaines techniques de gestion de la colère cherchent avant tout à réduire son intensité, par exemple grâce à la respiration ou à la relaxation.

En Gestalt, nous nous intéressons également à ce que cette émotion vient raconter de votre expérience, de vos besoins et de votre manière d'être en relation avec les autres.

Ces approches ne sont pas forcément opposées. Elles peuvent être complémentaires.

3. Est-ce que la Gestalt est adaptée aux personnes hypersensibles ?

La Gestalt peut être une approche intéressante pour les personnes qui vivent leurs émotions intensément, qui ont tendance à beaucoup s'adapter aux autres ou qui éprouvent des difficultés à poser leurs limites.

Le travail consiste notamment à mieux reconnaître ses ressentis, à comprendre ses besoins et à retrouver davantage de liberté dans ses choix.

4. Est-ce que ressentir de la colère signifie que je manque de confiance en moi ?

Non, pas nécessairement.

La colère est une émotion humaine normale. Elle ne signifie pas, à elle seule, que vous manquez de confiance en vous.

En revanche, si vous avez tendance à ne jamais exprimer vos limites, à vous adapter systématiquement aux autres ou à douter de la légitimité de vos besoins, il peut être intéressant d'explorer le lien entre votre colère, votre estime de soi et votre manière de vous affirmer.

5. Est-ce normal de rester en colère pendant plusieurs heures ?

Oui, cela peut arriver, notamment lorsqu'une situation vous a profondément touché ou qu'elle continue à vous préoccuper.

L'important n'est pas de vous juger pour la durée de votre colère, mais de comprendre ce qui contribue à la maintenir. Si elle devient fréquente, très intense ou qu'elle perturbe durablement vos relations, il peut être utile de vous faire accompagner.

Conclusion : et si vous arrêtiez de lutter contre votre colère ?

J'aimerais terminer avec cette idée :

Votre colère n'est pas forcément votre ennemie.

Elle peut être désagréable, envahissante, fatigante.

Mais elle peut aussi vous informer qu'une situation ne vous convient pas, qu'un besoin n'est pas entendu ou qu'une limite mérite votre attention.

Plutôt que de chercher à la faire disparaître à tout prix, je vous invite à commencer par lui faire une place.

Nommer les faits.

Reconnaître votre ressenti.

Identifier votre émotion.

Comprendre votre besoin.

Puis ajuster votre réponse à la situation.

Vous ne contrôlerez pas toujours ce que les autres font.

Mais vous pouvez progressivement apprendre à retrouver votre place dans ce que vous vivez.

Je suis Mathias Boucher, Gestalt-praticien au Perreux-sur-Marne, et j'accompagne les personnes qui souhaitent mieux comprendre et réguler leurs émotions, notamment lorsqu'elles ont le sentiment de toujours devoir s'adapter aux autres.

Si vous vous reconnaissez dans cet article, vous pouvez prendre contact avec moi pour envisager une première séance.

Et vous, la prochaine fois que votre colère apparaîtra, plutôt que de chercher immédiatement à la faire disparaître…

Qu'est-ce qu'elle pourrait être en train de vous dire ?